Taux du Livret A : le niveau actuel et la formule qui le fixe
Deux fois par an, le taux du Livret A fait la une, puis plus personne n’en parle pendant six mois. Entre les deux, beaucoup d’épargnants ignorent le taux réellement appliqué à leur livret et, surtout, d’où sort ce chiffre. Il n’a rien d’arbitraire : il résulte d’une formule publique, calculée à date fixe sur deux indicateurs que chacun peut vérifier. Une fois ce mécanisme en tête, vous savez ce que rapporte votre livret aujourd’hui et vous voyez venir la prochaine révision sans dépendre des titres de presse.
Où en est le taux aujourd’hui
Le taux du Livret A est de 1,7 % par an depuis le 1er août 2026, et il court jusqu’au 31 janvier 2027. C’est le chiffre que retient la fiche du Livret A sur service-public.fr, qui renvoie à l’arrêté du 28 juillet 2026 fixant les taux de l’épargne réglementée pour cette période. Il avait été porté à ce niveau après un semestre à 1,5 %.
Ce taux est identique dans toutes les banques : c’est le propre d’un livret réglementé, dont l’État écrit les règles, comme nous le détaillons dans notre fiche sur le fonctionnement du Livret A. Le LDDS suit exactement le même taux, à 1,7 % lui aussi. Le Livret d’épargne populaire, lui, fait bande à part : il reste à 2,5 % sur la même période.
Rappelez-vous que ces 1,7 % ne subissent ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Face à un livret bancaire ordinaire affiché à 2 %, mais taxé à 30 %, le Livret A n’est pas si loin derrière.
La formule, en une phrase
Depuis l’arrêté du 27 janvier 2021 sur les taux de l’épargne réglementée, le taux du Livret A est la moyenne de deux grandeurs : le taux €STR, qui mesure le coût de l’argent à très court terme dans la zone euro, et l’inflation française hors tabac mesurée par l’INSEE. Chacune est prise en moyenne sur les six mois écoulés. Le résultat est arrondi au dixième de point et ne peut jamais descendre sous un plancher de 0,5 %.
Le calcul de juillet 2026 illustre bien la mécanique. La Banque de France a relevé une inflation hors tabac de 1,52 % en moyenne semestrielle et un €STR moyen de 1,95 % sur janvier-juin 2026. La moyenne des deux tombe à 1,735 %, arrondie à 1,7 %. Aucune négociation, aucune décision politique dans ce chiffre : deux moyennes, une division par deux, un arrondi.
Deux rendez-vous par an, et une porte de sortie
Le gouverneur de la Banque de France applique cette formule les 15 janvier et 15 juillet, pour une entrée en vigueur au 1er février et au 1er août. Ce sont les deux seules dates où votre taux peut changer en temps normal. Des révisions exceptionnelles restent possibles en mai et en novembre si l’inflation ou les marchés monétaires s’emballent, mais elles sont rares.
L’arrêté prévoit aussi une porte de sortie : lorsque des circonstances exceptionnelles le justifient, ou lorsque l’application stricte de la formule ne préserverait pas le pouvoir d’achat des épargnants, le gouverneur peut proposer un autre taux, que le ministre chargé de l’économie décide de retenir ou non. C’est précisément ce qui s’est joué en juillet 2026 pour le LEP : la formule donnait 2,2 %, le taux a été maintenu à 2,5 %.
Ce que ce taux change concrètement
Un ordre de grandeur suffit à cadrer les choses : à 1,7 %, un Livret A rempli jusqu’au plafond de 22 950 euros rapporte environ 390 euros sur une année pleine. Sur 3 000 euros de réserve, on tourne autour de 50 euros par an. De quoi absorber une hausse de charges, pas de quoi faire fructifier un patrimoine — le Livret A est un outil de disponibilité, et cet article ne recommande aucun placement.
Le changement de taux n’a rien de rétroactif : les intérêts du premier semestre restent calculés à l’ancien taux, et chaque quinzaine est rémunérée au taux en vigueur ce jour-là, selon la règle des quinzaines. Le tout est crédité en une seule ligne au 31 décembre.
Dernier réflexe, le plus utile : ne déplacez pas votre épargne sur la foi d’une prévision. Dès l’automne, les estimations pour le 1er février 2027 circulent, bâties sur des moyennes encore incomplètes. Seul le calcul de la mi-janvier fait foi. D’ici là, votre énergie est mieux placée sur les postes de dépenses où les économies sont immédiates que sur un dixième de point hypothétique.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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