Plafond du Livret A : 22 950 euros, et au-delà ?

Par Thomas Le Guen · Publié le

Boîte métallique rectangulaire remplie de pièces de monnaie à ras bord, vue du dessus, posée sur un plan de travail gris clair

Un virement mensuel refusé, ou un conseiller qui vous signale que le livret est « plein » : le Livret A a bien une limite, fixée à 22 950 euros, mais elle ne fonctionne pas comme on l’imagine. Elle arrête vos versements sans arrêter la croissance de votre solde, et elle se lève dès que vous retirez. Voici ce qu’elle interdit exactement, pourquoi votre relevé peut afficher davantage sans que personne soit en faute, et ce qui existe pour la somme qui ne rentre plus.

Le plafond porte sur vos versements, pas sur votre solde

Le montant maximum d’épargne inscrit sur le livret est de 22 950 euros pour un particulier, indique la fiche du Livret A sur service-public.fr. Cette limite s’applique aux sommes que vous déposez. Les intérêts, eux, échappent au calcul : « les intérêts générés chaque année continuent à s’ajouter, sans limite », précise la même fiche. Un livret au plafond depuis plusieurs années affiche donc mécaniquement plus de 22 950 euros, et c’est parfaitement régulier.

La conséquence est double. Tant que le solde reste sous la barre, vous alimentez librement le livret, par versements d’au moins 10 euros. Dès qu’il l’atteint ou la dépasse — y compris par le seul jeu des intérêts crédités au 31 décembre — la banque refuse tout nouveau dépôt. Ce blocage suit le solde et n’a rien de définitif : un retrait, toujours libre et sans pénalité, rouvre la possibilité de verser à due concurrence. Les intérêts, eux, continuent de courir selon la règle des quinzaines, au-dessus du plafond comme en dessous.

D’où sort ce chiffre de 22 950 euros

Le montant n’a rien d’arbitraire, mais il n’a pas bougé depuis longtemps. Le plafond s’établissait à 15 300 euros jusqu’en 2012 ; il a été relevé à 19 125 euros au 1er octobre 2012, puis porté à 22 950 euros au 1er janvier 2013, comme le rappelait alors La finance pour tous. Depuis, aucune revalorisation : le plafond n’est pas indexé sur l’inflation et ne se modifie que par décret. Treize ans plus tard, la même somme en euros pèse nettement moins en pouvoir d’achat.

L’enjeu n’est pas marginal : le Livret A est détenu par 83 % des résidents français et portait environ 440 milliards d’euros d’encours fin 2025, d’après le rapport de la Banque de France sur l’épargne réglementée. Deux précisions sur la portée du chiffre : il vaut pour une personne physique, une association pouvant inscrire jusqu’à 76 500 euros ; et il est strictement individuel. Un couple dispose de deux livrets, donc de deux plafonds, mais nul ne peut en détenir deux à son nom, sous peine d’une amende fiscale de 2 % de l’encours du livret en trop, avec un minimum de 50 euros. Le reste du fonctionnement est détaillé dans notre fiche sur le Livret A règle par règle.

Ce que devient l’épargne qui ne rentre plus

Aucun produit n’est à recommander ici, mais le cadre légal se décrit sans ambiguïté. Le LDDS obéit aux mêmes règles que le Livret A — mêmes quinzaines, même taux de 1,7 % depuis le 1er août 2026, même exonération d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux — avec un plafond de versements de 12 000 euros, lui aussi dépassable par la capitalisation des intérêts. Le LEP est plafonné à 10 000 euros et rémunéré 2,5 % sur la même période, mais il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un seuil révisé chaque année : c’est la ligne à vérifier sur votre avis d’impôt avant toute démarche.

Au-delà de ces enveloppes, on quitte l’épargne réglementée, et la fiscalité réapparaît. Un livret bancaire ordinaire n’a pas de plafond légal, mais ses intérêts sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 — 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux —, selon service-public.fr. Un taux affiché à 2 % ne laisse donc qu’environ 1,37 % réellement perçus : c’est ce chiffre-là, et non celui de la brochure, qui se compare au rendement net d’un livret défiscalisé.

Un dernier repère, pour les épargnes qui s’étalent sur plusieurs établissements : les dépôts sont garantis à hauteur de 100 000 euros par client et par banque, les livrets réglementés bénéficiant d’une protection distincte du même montant, rappelle le Fonds de garantie des dépôts et de résolution. Ce seuil se raisonne banque par banque, jamais livret par livret.

Le vrai risque, une fois le plafond atteint, n’est pas fiscal : c’est l’inertie. Un virement automatique rejeté mois après mois laisse l’argent s’accumuler sur le compte courant, où il ne rapporte rien et se dépense tout seul — l’inverse de l’automatisme mis en place dans un budget tenu poste par poste. Regardez votre relevé de septembre : si la ligne « virement épargne » a disparu sans que vous l’ayez décidé, la décision vous revient désormais.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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