Agios : définition, calcul et coût réel d'un découvert

Par Élise Charvet · Publié le

Relevé bancaire papier avec un crayon posé dessus, calculatrice et tasses de café sur une table en bois, lumière chaude de fin de journée

Le mot tombe sur le relevé au moment où l’on s’y attend le moins, souvent en fin de trimestre : « agios », suivi d’un montant qui ne correspond à aucun achat. Ce n’est ni une amende, ni une taxe. C’est le prix d’un crédit que vous avez utilisé, parfois sans y penser. Savoir comment ce montant se fabrique vous permet de vérifier la ligne, de la discuter quand elle est fausse, et surtout de reconnaître ce qui la déclenche.

Des intérêts, pas une pénalité

Les agios sont les intérêts débiteurs perçus par la banque lorsque votre compte présente un solde négatif. La finance pour tous résume leur fonction en une phrase : ils rémunèrent la somme que l’établissement vous a avancée. Car un découvert est juridiquement un crédit. Autorisé, il figure dans votre convention de compte avec un plafond et un taux. Au-delà de ce plafond, on parle de dépassement, et le taux appliqué est majoré.

Ce taux est un taux annuel effectif global. La fiche service-public.fr consacrée à l’autorisation de découvert rappelle qu’il doit rester inférieur au taux d’usure fixé par la Banque de France, exactement comme pour un prêt personnel. Si la logique du taux tout compris ne vous est pas familière, notre décryptage du TAEG et du coût réel d’un crédit s’applique ici mot pour mot : ce pourcentage-là intègre déjà tout ce que l’avance vous coûte.

Comment le montant se calcule

Deux mécanismes coexistent, et c’est la source de bien des incompréhensions.

Les agios proportionnels s’appliquent lorsque le découvert utilisé atteint 400 euros. Leur formule est celle de tout intérêt : montant du découvert, multiplié par le nombre de jours, multiplié par le taux, divisé par 365. La même fiche service-public en donne un exemple chiffré : un découvert de 950 euros pendant 15 jours à 18 % revient à 7,03 euros.

En dessous de ce seuil intervient le minimum forfaitaire d’agios, un montant plancher facturé même si le calcul proportionnel donnerait moins. Conséquence peu intuitive : trois jours à moins 60 euros peuvent coûter, proportionnellement, bien plus cher qu’une semaine à moins 900.

Dernier point qui explique l’effet de surprise : les intérêts courent au jour le jour, mais leur décompte et leur prélèvement sont en principe trimestriels. Vous payez en septembre un découvert de juillet. Et les jours comptés ne sont pas ceux de vos achats, mais ceux des dates de valeur, cette seconde colonne dont notre guide pour lire son relevé de compte ligne par ligne détaille la lecture.

Ce qui n’est pas un agio

Sur un compte à découvert, plusieurs lignes se ressemblent sans avoir la même nature. La commission d’intervention rémunère l’examen par la banque d’une opération qui se présente sans provision suffisante : ce n’est pas un intérêt, et elle est plafonnée à 8 euros par opération et 80 euros par mois. Pour un client en situation de fragilité financière ayant souscrit l’offre spécifique, ces plafonds tombent à 4 euros et 20 euros ; sans cette offre, le plafond mensuel est de 25 euros. Viennent ensuite les frais de rejet, distincts eux aussi.

Vous n’êtes pas censé les découvrir au moment du débit. La Banque de France rappelle que les frais liés à un incident doivent vous être annoncés au moins 14 jours avant leur prélèvement, en général sur le relevé. Ce délai n’est pas décoratif : c’est votre fenêtre pour contester une ligne avant qu’elle ne quitte le compte.

Deux repères à garder en tête

Un découvert n’a pas vocation à durer : au-delà de trois mois consécutifs, la banque doit vous proposer une offre de crédit à la consommation, mieux encadrée et souvent moins coûteuse qu’une avance permanente à 18 %. Et les règles se resserrent : à compter du 20 novembre 2026, l’ordonnance du 3 septembre 2025 sur le crédit à la consommation étend l’analyse de solvabilité aux petits découverts, jusqu’ici dispensés en dessous de 200 euros ou d’un mois, et impose une information claire sur le coût total et le TAEG. Les autorisations en cours avant cette date ne sont pas affectées.

Reste l’essentiel, que nul plafond réglementaire ne règle à votre place : des agios répétés signalent un décalage de calendrier entre vos entrées et vos sorties d’argent. C’est ce décalage qu’il faut traiter, en décalant un prélèvement ou en reconstituant un matelas, deux gestes que détaillent notre méthode pour faire son budget mensuel et notre inventaire des leviers d’économies qui rapportent le plus. Le prochain relevé trimestriel arrive dans moins de trois mois : c’est le délai dont vous disposez pour que la ligne y soit à zéro.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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