TAEG : à quoi sert vraiment le taux affiché sur votre crédit ?

Par Thomas Le Guen · Publié le

Contrat de prêt posé sur un bureau en soirée, lampe allumée, main tenant un stylo au-dessus de la page de signature

Impossible d’ouvrir une publicité pour un crédit sans tomber sur ces quatre lettres : TAEG. Elles apparaissent en caractères réglementaires au bas des affiches, dans les offres de prêt, sur les simulateurs. Et pourtant, une bonne partie des emprunteurs signe sans savoir précisément ce que ce pourcentage recouvre. C’est dommage, car le TAEG a été créé pour vous : c’est le seul chiffre qui dit le coût complet d’un crédit, et le seul qui permette de comparer deux offres sans se faire piéger.

Un taux « tout compris », par définition

TAEG signifie taux annuel effectif global. Comme l’explique la fiche du ministère de l’Économie consacrée au TAEG, il représente le coût total du crédit exprimé en pourcentage annuel du montant emprunté. Sa vocation est d’agréger tout ce que le crédit vous coûte réellement, au-delà des seuls intérêts.

Entrent ainsi dans le TAEG les intérêts calculés à partir du taux débiteur, les frais de dossier, les frais payés à des intermédiaires, le coût des garanties exigées, ainsi que les primes d’assurance lorsque l’assurance est imposée pour obtenir le prêt. La fiche service-public.fr dédiée au TAEG précise cette composition et rappelle que ce taux doit obligatoirement figurer dans les publicités comme dans les offres de crédit. En clair : un prêteur ne peut pas vous vendre un « petit taux » en cachant les frais autour, puisque le TAEG a justement pour fonction de tout remettre dans le même chiffre.

Taux débiteur et TAEG : ne comparez jamais l’un avec l’autre

Le taux débiteur, parfois appelé taux nominal, est celui qui sert à calculer les intérêts de vos mensualités. Le TAEG, lui, empile ce taux et tous les frais obligatoires. Il est donc mécaniquement supérieur au taux débiteur, et c’est normal. Le piège classique consiste à comparer le taux débiteur d’une offre avec le TAEG d’une autre : on croit comparer deux prix, on compare un prix hors frais avec un prix tout compris. La règle est simple : TAEG contre TAEG, toujours, à durée et montant identiques.

Attention toutefois à ce que le TAEG ne dit pas. Une assurance facultative que vous choisissez d’ajouter n’y figure pas nécessairement, et des frais comme les indemnités de remboursement anticipé n’apparaissent que dans les conditions du contrat. Le TAEG est le meilleur point de départ de la comparaison, pas une dispense de lire l’offre. Prenez le temps d’examiner le coût total en euros, qui accompagne le TAEG dans l’offre : sur toute la durée d’un prêt, c’est souvent ce montant-là qui parle le plus, et c’est lui qu’il faut confronter à votre reste à vivre, celui que vous avez calculé en construisant votre budget mensuel.

Le taux d’usure, plafond légal du TAEG

Le TAEG n’est pas libre de grimper indéfiniment. La loi fixe un maximum, le taux d’usure, au-delà duquel un prêteur n’a pas le droit de prêter. La Banque de France, qui calcule ces taux, procède chaque trimestre à une enquête sur les TAEG effectivement pratiqués, puis fixe pour chaque catégorie de prêt un plafond égal au taux moyen constaté augmenté d’un tiers. Ce mécanisme protège l’emprunteur des conditions abusives, et il explique aussi pourquoi certains dossiers fragiles se voient refuser un crédit : quand tous les frais nécessaires porteraient le TAEG au-dessus du plafond, le prêt ne peut légalement pas se faire.

Ce plafond vaut pour tous les crédits aux particuliers, y compris les formes qu’on ne pense pas toujours à appeler crédit : le découvert bancaire autorisé en fait partie, avec son propre taux d’usure. Les agios qui apparaissent sur vos relevés en période de découvert sont bel et bien des intérêts d’emprunt ; notre guide pour lire votre relevé de compte ligne par ligne vous montre où les repérer.

Trois réflexes avant de signer

D’abord, exigez le TAEG et comparez-le entre offres strictement équivalentes : même montant, même durée, même type de prêt. Ensuite, regardez ce qui gonfle le TAEG : des frais de dossier négociables, une assurance dont le contrat peut être choisi ailleurs, une garantie plus coûteuse qu’une autre ; chaque composant a sa marge de discussion. Enfin, replacez la mensualité dans votre réalité financière plutôt que dans celle du simulateur : un crédit soutenable est un crédit dont la mensualité laisse vivre le reste du budget, épargne de précaution comprise, celle que vous logez par exemple sur un livret dont le calcul des intérêts par quinzaines n’aura alors plus de secret pour vous.

Le TAEG ne choisira jamais à votre place, et cet article ne recommande ni établissement ni produit. Mais un emprunteur qui sait lire ce taux ne compare plus des slogans : il compare des coûts. C’est exactement le but pour lequel ce chiffre a été inventé.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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